Chroniques Mis en ligne le 24/04/12 Depuis que Nicolas Sarkozy a fait sa sortie sur le « vrai travail » droite et gauche s’affrontent. Oubliant les femmes qui travaillent globalement plus que les hommes et gagnent moins. « Le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille»... Devant son QG de campagne au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle Nicolas Sarkozy s’est enflammé. Ses opposants y ont vu un clin d’œil appuyé aux électeurs du FN priés de comprendre qu’il voulait privilégier les travailleurs français versus les étrangers assistés qui viennent manger notre pain. François Hollande a immédiatement répliqué dans son discours de Lorient. « Cela voudrait dire qu'il y aurait un faux travail en France ? » a demandé le candidat socialiste. En face, les syndicats voient une instrumentalisation du défilé du premier mai. Gérard Filoche, militant socialiste, inspecteur du travail à la retraite, détaille ce que travail veut dire pour lui : « Le ‘vrai’ travail ? Celui des millions de travailleurs pauvres qui n’arrivent pas à vivre avec leurs salaires ? » ; « Le ‘vrai’ travail ? 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires par an dont entre 1/3 et 50 % liés au travail… » peut-on lire sur son blog au milieu d’une longue liste. Pire que le faux travail, le travail invisible Et aussi : « Le ‘vrai’ travail ? Celui des femmes qui gagnent 27 % de moins que les hommes ? » Sur la bonne voie mais un peu court. Elles gagnent 27 % de moins mais elles travaillent beaucoup plus, globalement.Lire aussi
| SEXISME ORDINAIRELes chemisiers sont si fins qu'on peut voir au travers. A celles qui se plaignent, la direction propose... Les femmes semblent exclues du jeu des LBO.
DANS L'ACTUALITEUne trentaine de femmes ont posé leur candidature. Mais ce n'est « pas autorisé », tranche un... La RDC, "pire endroit pour être mère", le malaise des mères italiennes, les journalistes tunisiennes... Des lois discriminatoires en Indonésie, des disparitions de filles en Chine mais aussi concert de rock... Elles prient devant le mur, un îlot de liberté en Arabie Saoudite, plus de TIC au Sénégal, une banque... Articles liésLes nouvelles brèvesUne maison grandeur nature de la poupée star, attraction provoisoire, fait polémique à Berlin. Avant... Après un tollé, la firme retire de son site une version sexualisée de l'héroïne du film Rebelle.... Le N°1 mondial du chocolat, Mondelez, s'engage à son tour à agir contre les discriminations subies... Top newsLa gagnante de l’émission de M6, « Top Chef » en prend plein la tête sur les réseaux... Provocation ou non, le réalisateur François Ozon impose ses fantasmes de soumission des femmes. Dans... Débat du momentQu'est-ce que la richesse ?Et si on changeait d'indicateurs pour orienter autrement les politiques publiques ? Plus de Nouvelles News |
Commentaires
Vous avez tout à fait raison, c'est corrigé. Avec mes excuses. On finit par être contaminés par l'ambiance. Merci de votre vigilance. Et je viens de relire ce texte que Dominique Méda nous a fait l'amitié de publier ici : lesnouvellesnews.fr/.../...
Serait-il possible de bannir cette injure de votre vocabulaire et d'utiliser "solidarité" à la place ?
Merci.
Une "assistée"
Bel article.
Je vous recommande également, sur le même propos, l’article « travailler plus,… pour ? » à l’adresse :
www.idee-envoyee.com/.../
Bonne lecture !
Mais c'est juste cette assimilation du temps passé à s'occuper de cette partie de soi qu'est sa maison et ses enfants au travail lucratif (plus ou moins...) qui me pose question. Le discours qui consiste à présenter ça uniquement comme une corvée qu'on essaie de refiler aux hommes ou à la nounou ou à la femme de ménage, ça n'aide pas non plus à la participation.
Mes parents auraient pu payer une femme de ménage, ou nous faire garder, ils ne l'ont jamais fait parce que justement, c'était leur dignité et leur fierté d'homme et de femme que d'être autonome dans la construction de leur famille et de leur maison, et que c'était aussi une joie pour eux de passer du temps avec nous et dans leur logement. Pas une corvée, qu'on se partage à moitié parce que sinon c'est injuste pour celui qui en fait plus.
Je suis d'accord avec vous pour la réduction du temps de travail des hommes, et l'augmentation de celui des femmes à temps partiel, mais ça me fait un peu drôle qu'un article consacré au fait que ce sont les femmes qui font le plus grand nombre d'heures de travail au total (j'ajoute que le travail domestique, l'élevage des enfants, ça use aussi) se termine par un commentaire en concluant que ce sont les hommes qui travaillent trop.
Il ne faut pas oublier que même avec un temps de travail réduit, les hommes n'augmentent pas significativement leur participation aux taches ménagères (il y avait une étude là dessus sur l'effet des 35h peut-être, mais je ne me souviens plus ou je l'ai vue). De plus, même avec un temps complet, ce sont encore et toujours les femmes qui se tapent le récurage des chiottes. On pourrait dire que l'égalisation des temps de travail est un facteur qui peut contribuer à l'égalité, mais qui ne suffit pas?
Et au passage, on devrait faire une manif pour le vrai travail le 1er mai, parce que finalement tout le monde est d'accord, un vrai travail c'est mieux, c'est d'ailleurs pour ça que tous ceux et celles qui ont un pseudo-travail préfèreraient un vrai travail avec un vrai salaire.
Prenons-le donc au mot, notre président-candidat : oui au vrai travail pour tous !!
C'est pas parce que ce n'est pas gratifiant qu'il faut le mettre sur le même plan que son métier. Après on peut aussi rémunérer les femmes au foyer, puisqu'elles font ce travail invisible à plein temps.
Le "travail domestique" c'est un vrai concept en économie car effectivement il y a un problème de valorisation, mais à partir du moment où vous êtes adulte, entretenir votre logement et élever votre enfant, c'est comme prendre sa douche, ça fait partie des responsabilités de la vie d'adulte.
Et puis ce schéma confirme aussi le fait que les hommes travaillent trop, ce qui les prive de la satisfaction d'être vraiment responsables et impliqués dans leur vie domestique et familiale. Posée comme cela, la question est tout aussi intéressante.
Un vrai travail (à temps plein et payé), c'est important, vital. Une vraie vie personnelle (pas 30 minutes le soir à la course), ça l'est tout autant.
Citation en provenance du commentaire précédent de germain:
Dans les bons jours je dois être à 30 %, sinon plutôt moins , est ce que la franchise excuse en partie ???
Ce truc du vrai travail, c'est quoi, un vrai travail pour un vrai homme, avec comme vous le dites bien, de gros bras?
On sent bien en tout cas une rhétorique subliminalement sexiste poindre son nez (qui a été un leitmotiv de cette campagne, du capitaine de pédalo, aux presque "descend si t'es un homme!" du Guilvinec).
S’abonner au flux RSS pour les commentaires de cet article.