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Lu sur la toile Mis en ligne le 08/07/12 I Rédaction par La Rédaction
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Dans une tribune publiée dans Médiapart, plusieurs personnalités veulent en finir avec les procès d'intention faits aux partisans de l'abolition de la prostitution.

Extraits :

Puritanisme ? Non, lutte contre une « traite des femmes sans précédent et l'explosion d'un « marché » qui dote les proxénètes d'un pouvoir croissant ». Et ras-le-bol de « l'assignation des femmes au sempiternel statut de « putain » (encore dite « matériel » ou « matos ») » et des violences qui vont avec.

Eradiquer ? Non, abolir. A ceux qui moquent « l'utopie », la tribune répond « Lutter contre le racisme ou la torture est aussi une utopie permanente et personne n'y trouve à redire. »... « L'esclavage n'a pas été éradiqué mais il a bel et bien été aboli. »

Liberté de qui ? Des « défenseurs de l'industrie du sexe (et de ses hyper profits) » ou liberté des victimes de la traite ? A ceux qui se posent en défenseur de la liberté, la tribune répond : « il y a méprise : ce que nous combattons n'est pas le libertinage mais bien l'exploitation sexuelle ; pas la vie privée, mais le commerce de la sexualité. »

Pauvres prostituées condamnées à la clandestinité ? « C'est bien dans les pays qui ont prétendu « légaliser » la prostitution – en réalité le proxénétisme – qu'elle est devenue considérable. » affirment les signataires.

La tribune rappelle aussi que les textes internationaux comme « le Protocole de Palerme » veulent « décourager la demande ».

Rappelons que la France est un pays abolitionniste et que la ministre des droits des femmes, Najat Vallaud Belkacem, s'est engagée en faveur de l'abolition.

Parmi les signataires : Sylviane Agacinsky, philosophe; Claudine Blasco, Attac; Danièle Bousquet, ancienne députée, présidente de l'Assemblée des femmes; Thalia Breton, porte-parole d'Osez le féminisme; Nicole Castioni, femme politique franco-suisse, ancienne prostituée; ou Coline Serreau, cinéaste.


Lire aussi dans les nouvelles NEWS

- Prostitution et abolition, "le débat ne fait que s'ouvrir" (7 décembre 2011)

- Prostitution : une résolution soumise aux députés(20 juin 2011)

- Prostitution : les clients occupent les médias(13 avril 2011)

- Rapport sur la prostitution : punir les clients, pas seulement(12 avril 2011)

- "C'est l'affirmation de la position abolitionniste de la France qui est en jeu"(12 avril 2011)

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Commentaires  

 
#17clients, frustation sexuelle et perversion (suite)Bérénicele Mardi 17 Juillet 2012 à 10:21
D'ailleurs une étude nord-américaine (réalisé avec la police) avait montré que si l'on faisait passé la nuit en garde à vue au premier dérapage violent d'un homme sur sa conjointe (ce qui n'est pas la politique en vigueur) au lieu de ne rien faire, on faisait chuter drastiquement le taux de récidive. Car la société (par le biais de la police) avait posé une limite et rendu les conséquences du comportement négatives et donc avait éviter un renforcement positif du comportement pervers. La perversion étant un comportement réfléchi et rationnel et non pas une sorte d'impulsion incontrôlable. Punir les clients parait donc être une excellente solution pour les décourager. Et tant pis pour la sacro-sainte liberté sexuelle des hommes à coucher avec des femmes qui n'en ont pas envie parce qu'elles ont besoin d'argent et sont coincées. Les victimes sont les prostituées et non pas les prostitueurs. C'est elles qu'il faut protéger et ménager les droits de leurs bourreaux à abuser d'elles grâce à leur argent n'est pas un argument humaniste du tout.
 
 
#16clients, frustation sexuelle et perversionBérénicele Mardi 17 Juillet 2012 à 10:20
Citation en provenance du commentaire précédent de Didier Bénoni:
Car les études ont montré que l'essentiel des clients ne sont ni des riches libidineux à la DSK, ni des pervers, mais de braves gens seuls ou sexuellement frustrés, et de milieu modeste ou moyen.


Ah oui? quelles études?
Parce que celles que j'ai lu sur les clients, je crois une ou deux seulement, étaient canadiennes et montraient qu'il s'agissait d'hommes en couple, voire mariés pour la plupart des clients. Et que la frustration sexuelle n'avait rien à voir avec le recours aux prostituées.
Ensuite, concernant, la perversion, cela dépend de la définition que vous choisissez. Si c'est la définition clinique, la perversion consiste à objectifier (ou réifier si vous préférez) l'autre et à lui dénier le statut de sujet à égalité avec soi. Ce qui j'en ai peur va exactement avec la définition de l'échange commercial en vigueur dans la prostitution. Maintenant, je vous accorde que les clients prostitueurs ne sont pas forcément des pervers, mais qu'ils ont tout de même des comportements pervers. Sachant que la perversion est difficile à définir, car souvent les gens s'inscrivent dans un mode de relation pervers à l'autre petit à petit, en ayant des comportements pervers qui "ont des conséquences positives" pour eux, et donc par renforcements permanents des comportements pervers, encore et encore. L'homme qui bat sa femme la première fois n'est pas encore un pervers, au fur et à mesure qu'il la bat de plus en plus, qu'il a donc de plus en plus d'emprise sur elle, et aucunes conséquences négatives pour sa personne, il va éprouver de moins en moins de culpabilité, jusqu'à considérer que c'est normal.
 
 
#15Abolir, mais pourquoi faire ? (suite)Didier Bénonile Samedi 14 Juillet 2012 à 11:38
- Trosième objectif possible : l'éradication de toute relation sexuelle tarifée, même dite "volontaire".

On entre alors dans un débat sans fin où le moralisme traditionnel chrétien-bourgeois anti-sexe s'unit avec un certain féminisme qui estime que toute relation sexuelle libre ne peut qu'être gratuite (parce que tout échange objective l'autre et lui fait donc perdre sa dignité, voire son humanité). En face, les partisans humanistes de la liberté individuelle se retrouvent alliés aux libéraux économiques, à défendre le droit de faire ce que l'on veut de son corps, y compris d'exercer ce qui n'est qu'un travail, si on estime que le gain est plus important que l'effort. Les seconds défendent le fait que l'exploitation sexuelle peut et doit être dissociée de la question de la prostitution. Dans certaines sociétés antiques, la prostitution était sacrée. Aujourd'hui, même si leur nombre n'est pas connu, de nombreuses personnes (y compris des hommes) se prostituent - souvent de façon ponctuelle, pour arrondir leurs fins de lois - en trouvant leurs clients par internet. Ces personnes ne sont pas esclaves de réseaux mafieux ou proxénètes.

Le débat n'est alors même plus seulement idéologique, mais bien philosophique : quelle conception de la liberté a-t-on ?

Voilà pourquoi cette idée réglementaire d'abolition engendre de telles réactions chez un aussi grand nombre de personnes, y compris des femmes.
 
 
#14Abolir, mais pourquoi faire ?Didier Bénonile Samedi 14 Juillet 2012 à 11:38
La différence faite entre abolition et éradication est intéressante, mais, paradoxalement, pousse à poser la question de fonds, sans laquelle aucun débat n'est possible : Que visons-nous ?

- Veut-on mettre fin à l'esclavage sexuel ?

Cet objectif fait l'unanimité, même chez les prostituées et leurs clients. Mais les mesures envisagées, et notamment la pénalisation des clients, permettront-elles d'aller dans cette direction ? L'expérience de la Suède, cité en exemple, est en réalité mitigé : l'activité visible de prostitution a largement diminué, mais une partie au moins de la prostitution s'exerce dans la clandestinité, dans des conditions d'exploitation des prostituées encore pires qu'avant... Ceci est tout à fait logique. L'expérience de la prohibition de l'alcool aux Etats-Unis au début du 20ème siècle l'illustre parfaitement : l'interdiction ne fait que renforcer le pouvoir du crime organisé et développe la violence.

- ...A moins qu'on change les mentalités. D'où, le deuxième objectif éventuel de l'abolition : pédagogique. Par l'affirmation du principe d'abolition et par la condamnation des clients, on vise à développer une prise de conscience collective du respect de la femme.

L'article ci-dessus va implicitement dans ce sens. Mais, se pose alors la question de l'effectivité des peines : Si l'objectif est clairement pédagogique, doit-on réellement condamner un pauvre type qui, frustré, dépense ses économies dans une relation sexuelle ? Ce bougre doit-il porter la responsabilité de toute l'injustice de la société ? Car les études ont montré que l'essentiel des clients ne sont ni des riches libidineux à la DSK, ni des pervers, mais de braves gens seuls ou sexuellement frustrés, et de milieu modeste ou moyen.
 
 
#13Prostitution, l'abolir, pas l'éradiquer09 Azizale Jeudi 12 Juillet 2012 à 11:16
je suis assez effarée par le manque de réalisme et les préjugés véhiculés par beaucoup de commentaires. Ancienne assistante sociale et éducatrice, l'affirmation que la prostitution est un contrat entre deux adultes consentants me ferait juste hurler de rire pour ne pas me faire pleurer! J'ai vu des jeunes adolescentes se prostituer pour avoir leur dose de drogue, de jeunes maghrébines venues accoucher à la sauvette d'un enfant illégitime se faire mettre la main dessus par des proxénètes( l'un d'eux "maquait" une grande partie d'un hôtel maternel)des mères de famille au chômage prolongé tomber elles aussi sous la coupe de sales types qui les piégeaient, et des échappées de réseaux qu'il fallait absolument planquer le plus loin possible, car elles risquaient les pires sévices et la mort si on les retrouvait. La description de leur "dressage" ferait taire tous ces beaux parleurs qui ne veulent qu'une chose: que des corps continuent à être disponibles sans qu'il y ait besoin d'efforts de séduction.Et que dire des nombreuses mineures? Monsieur, si c'était votre fille, votre soeur ? Je pense qu'il faudrait des clips bien crus pour faire cesser ces discours insupportable de légitimation des crimes contre les femmes.
 
 
#12RE: Prostitution : l’abolir, pas l’éradiquerBerenicele Mardi 10 Juillet 2012 à 10:34
Citation en provenance du commentaire précédent de rivi:
Personne n’est obligé d’aller se promener dans les endroits qui lui déplaisent. On ne va pas raser le 16e arrondissement au motif que c’est « éprouvant » pour les pauvres de voir toute cette richesse étalée ; ou vice versa.


Beurk, se promener sur ces forums est éprouvant, tant de laideur morale masculine donne la nausée. Heureusement, il y a des hommes dehors qui sont viables humainement. A force, on l'oublierait presque.
 
 
#11RE: Prostitution : l’abolir, pas l’éradiquerrivile Mardi 10 Juillet 2012 à 07:03
« se promener dans le "quartier rouge" d'Amsterdam est une expérience bien éprouvante »

Personne n’est obligé d’aller se promener dans les endroits qui lui déplaisent. On ne va pas raser le 16e arrondissement au motif que c’est « éprouvant » pour les pauvres de voir toute cette richesse étalée ; ou vice versa.

Ceci dit, je ne pense pas que la prostitution doive être ostentatoire. S’il y avait des lieux discrets dédiés à cette activité, ça ne serait pas plus mal.
 
 
#10RE: Prostitution : l’abolir, pas l’éradiquerrivile Mardi 10 Juillet 2012 à 07:01
« Par qui? »

Dans une relation contractuelle, toutes les parties comprennent leur intérêt. Pour la prostitution : la femme gagne de l’argent, l’homme du plaisir. L’argent est convertible en plaisir. Les deux enregistrent un coût, mais aussi un gain. Le gain l’emporte sur le coût.

« Le rapport marchand n'est pas un rapport égalitaire. »

Si les femmes étaient si mal à l’aise avec l’idée de « rapport marchand », elles ne liraient pas des centaines de millions de romans d’amour dans lesquels le support fantasmatique est mille fois plus riche que l’héroïne. D’ailleurs s’il n’est pas riche, ça ne les excite pas. Je crois que ce qui répugne autant les abolitionnistes dans la prostitution de rue, c’est le fait que le client est en général pauvre. Beurk.

Dans les romans d’amour (fantasmes féminins) on trouve des émirs et des oligarques russes. Dans le porno (fantasme masculin), on trouve des livreurs de pizzas et des plombiers. Jamais l’inverse. Qui rêve de rapports marchands ?

Tu n’as qu’à te pencher sur les études scientifiques, elles sont unanimes : les femmes placent l’argent dans le peloton de tête de leurs critères de choix pour un homme. Quand elles sont à l’aise financièrement, cette tendance s’exacerbe. Plus elles ont d’argent, plus elles veulent que l’homme soit riche. Les autres critères ont un lien direct avec l’argent : le pouvoir ou le prestige par exemple.

Ce sont les femmes qui se vendent, pas l’inverse. Ce sont les femmes qui cherchent le rapport marchand et qui rêvent d’un différentiel aussi grand que possible. Les hommes n’ont pas le choix, ils doivent payer pour accéder au sexe. Séduire revient souvent à faire miroiter son potentiel économique.
 
 
#9Intérêt bien comprisLènele Lundi 09 Juillet 2012 à 20:29
Citation en provenance du commentaire précédent de rivi:
La prostitution ne peut pas disparaître, parce que même chez les femmes qui viennent de milieux favorisés, on en trouve beaucoup qui acceptent de fournir des services sexuels en échange d'argent (elles négocient simplement leur prestation beaucoup plus cher que les prostituées du bois de Boulogne).

La prostitution n'est pas une question de misère. C'est une question d'intérêt bien compris.


Par qui? Il faut arrêter de gommer les inégalités. On moque souvent les abolitionnistes pour leur soit-disant naïveté, mais de l'autre côté, ça ne me paraît guère mieux... Le rapport marchand n'est pas un rapport égalitaire. Dans le cas de la prostitution, il y a une double inégalité, celle de l'argent et celle du genre.

Pourquoi aurait-on besoin de la prostitution dans une société non patriarcale (société qui assigne aux femmes le rôle quasi-sacré et presque exclusif de mère, comme on me le fait comprendre depuis que j'ai passé le cap de la trentaine)?
Ce système n'aliène pas que les prostituées, mais aussi les autres femmes: se promener dans le "quartier rouge" d'Amsterdam est une expérience bien éprouvante, surtout lorsque l'on croise des touristes français faisant du "lèche-vitrine". Et ce n'est qu'un exemple.
 
 
#8RE: Prostitution : l’abolir, pas l’éradiquerrivile Lundi 09 Juillet 2012 à 18:29
Ce sont des faits divers extrêmement rares et qui sont tout de même très différents de ce qu'était l'esclavage autrefois. Je serais bien embêté pour me procurer un esclave aujourd'hui en France. Par contre je suis persuadé que n'importe quel Suédois habitant dans un grande ville peut se trouver facilement une prostituée.

En général ces "esclaves" sont des sans-papiers qui ont peur d'être renvoyés dans leur pays d'origine. Ils ont moins peur de leur "employeur" que de Brice Hortefeux. Les cas les plus sordides sont à rapprocher de ces criminels qui enlèvent des femmes pour en faire des esclaves sexuels avant de les tuer. Mais ça relève de la psychopathologie, pas du fait sociologique.

Les épidémiologistes considèrent qu'une maladie a été éradiquée d'une zone géographique même s'ils enregistrent de rares cas "réémergents".

Des occidentaux peuvent attraper la peste lors d'un séjour en Afrique et ramener la maladie au pays, mais rien de comparable avec les épidémies de peste d'autrefois.

La prostitution ne peut pas disparaître, parce que même chez les femmes qui viennent de milieux favorisés, on en trouve beaucoup qui acceptent de fournir des services sexuels en échange d'argent (elles négocient simplement leur prestation beaucoup plus cher que les prostituées du bois de Boulogne).

La prostitution n'est pas une question de misère. C'est une question d'intérêt bien compris.
 

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